Chroniques du Rock Altitude Festival

« Ce que nous considérons comme de la musique n’est, pour d’autres, que du bruit. On voue sa vie à quelque chose qui est fondamentalement, du bruit. C’est vraiment de la folie. »
Jesse Sublett – Une vie en noir

D’une façon très générale, le mode de vie occidental a généré une augmentation massive du bruit résultant de l’activité humaine. Du trafic automobile à la production industrielle en passant par les nombreux travaux, la nuisance sonore est phénoménale de nos jours. Faut-il voir une corrélation entre la courbe exponentielle de l’angoisse et l’attaque massive de sons auxquels nous sommes soumis ? Au vu de l’évolution du monde dans lequel on vit, il n’est pas étonnant que la musique soit de plus en plus menaçante, que les sonorités âpres qui s’échappent des enceintes fassent ployer les auditeurs sous leurs distorsions.

« Good evening, we are Motörhead… and we play rock n roll… »

Un jour au milieu des années septante, un roadie défoncé doit remplacer au pied levé le bassiste d’Hawkwind. N’ayant qu’une connaissance rudimentaire de l’instrument, il s’acharne dessus comme s’il jouait de la guitare, produisant miraculeusement l’intensité sonore d’un avion au décollage. Le speed avec lequel il s’explose la tête et le bruit de moteur que fait sa basse lui donne l’idée de fonder son propre groupe. Le mec s’appelle Lemmy et son groupe Motörhead ! Cela fait maintenant plus de trente ans que ces gars jouent avec la résistance des tympans humains, comme une réponse à la société neurasthénique qui les a fait naître. Un mur de décibels ! Un martèlement constant, une rythmique inlassablement répétitive et ce son nom de Dieu ! Lemmy ; sa voix si poétique, ses furoncles… quelle belle époque on vit !
Motörhead représente en quelque sorte la genèse de la musique bruyante avec le Metal Machine Music de Lou Reed, la dichotomie de base de la distorsion sonore. Ensuite il y a le punk et Sonic Youth, My Bloody Valentine et Atari Teenage Riot… plein d’autres… la fin du monde doit se vivre dans un magma sonique augmentant en même temps que la folie globalisée. Du rythme dévastateur d’une soirée drum n’ bass aux larsens suffocant de Sunn O))), les jeunes occidentaux construisent et se complaisent dans leur propre utopie sonore.
Nous sommes en 2011 et le monde est en plein délirium tremens… Par un soir du mois d’août, quelques milliers de personnes sont réunies dans une patinoire transformée en temple du bruit pour une nuit. Les groupes se succèdent d’une scène à l’autre, ne se ressemblant que par l’intensité de leur volume et la violence de leur musique. Peu importe que tel groupe soit catégorisé comme cybernétique-métal et tel autre comme post-ovalbumine folk, il y a cette débauche d’énergie commune… il y a cette éloge bruyante au chaos qui émane de la sono.
Comme un spasme ou une convulsion, comme une soudaine remontée acide ou comme le réveil trop brutal d’un monde à l’agonie, il y a Atari Teenage Riot qui clôture la soirée…
…ça chie la mort… Mat vomit…

Chronique rédigée par Dejan

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Une réponse à Chroniques du Rock Altitude Festival

  1. Expression libre dit :

    Dommage d’utiliser le mot bruit (et sa connotation très péjorative) au lieu du mot mélodie… En soi je comprends, le texte sinon serait joyeux, ne se vautrerait pas dans la contemplation tortureuse qui sied si bien à notre société et qui sied si bien aux gens voulant pas faire partie de la masse et se réfugiant dans les groupuscules…

    Joli texte, dommage qu’il soit si partial dans son traitement… Le même avec un peu plus de discernement amènerait quelque chose au lecteur

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