Il pleut du blast sur Genève ce soir. Du blast en rafale. Du riff acéré. Du grognement porcin. Oui, du metal. C’est le 4ème et dernier tremplin HARD du Rock Altitude Festival, et c’est carrément bestial. Ça commence tout en finesse avec STORTREGN. Black visqueux, aigu et rapide distillé par un trio l’efficacité. Ça plonge parfois en territoire trash, ça bascule même du côté du Göteborg, At The Gates en ligne de mire. C’est bien, mais ça aurait pu être bien plus blaaaaaaaaack à mon goût. Parce que, faut quand même le dire, c’était le seul groupe du style sur l’ensemble des tremplins… En tout cas ils ont des fans, ça gueule ce nom imprononçable avec une étonnante facilité. Une soixantaine de personnes, pour un mercredi soir, c’est pas si mal. C’est ce que je me dis, et je reprends une bière.
Je loupe l’annonce du deuxième band, DEADLY SIN ORGY, parce que l’équipe technique de L’Usine est trop pro, changement de scène en moins de 15 minutes, chapeau. Il ne me reste plus qu’à me prendre une petite bière et à apprécier le show. Ce début de tremplin ressemble à une fin du monde, c’est le festival du blast. Et les mecs là sur scène, ils maitrisent le sujet. En plein dedans, comme on dit. Ultra brutal death metal, type rouleau compresseur lancé à 234 km dans une cour de jardin d’enfants. Tiens, un bras. Eh, toi, là-bas, laisse cette tête tranquille ! Oups, j’ai perdu tout mon flanc gauche dans l’explosion. Il ne reste rien, ces yeux sont partis, son nez est parti, ses oreilles sont parties, rien, il ne restait rien qu’une carcasse fumante, atomisée, méconnaissable. Je reprends une bière.
J’annonce BREACH THE VOID. ET là je sais pas comment je vais m’en sortir. J’ignore à qui peut bien s’adresser cette musique, pas à moi en tout cas. J’imagine que c’est une question de goût, hein, comme toujours, et je dois dire que les mecs jouent bien, que leur son est excellent, et que…quoi ? Et bien je crois qu’on touche là à un style qui bien trop éloigné de moi, un style sur lequel je ne peux rien dire de positif…j’en suis navré. Je pourrais dire ce que j’en pense, mais ça serait pas joli-joli. Alors disons simplement : cyber-metalcore nourrit aux samples (de voix également, très étrange cette vieille sensation de playbak…) qui tient la route, j’imagine.
Je prends une bière, et j’annonce WARDHILL. Je suis tellement certain qu’ils ne vont pas gagner que je les présente comme mes préférés de la soirée. Grave erreur. Ils gagnent et je perds toute crédibilité (en ai-je jamais eu ?). Mais c’est normal, bon dieu de merde. Leur stoner mega burné dopé au crust est du plus bel effet. Power trio de génie qui assène un show frontal et punk as fuck. Motörhead pointe le bout de son nez, là bas, tout au fond, la rugosité rappel le sludge comme certains passages ramène au doom, et ça continue sur des rythme plus enlevé, d-beat en tête. Franchement, là on touche typiquement ce qui me fout l’immense gaule, celle avec laquelle je pourrais défoncer un mur. Merci les mecs !
Bon, vous avez compris, sur la scène du Bikini, ça risque de chier assez sévèrement. On y retrouvera Le Meshu-ultrametal de TERMS, le metalcore incandescent de CYPHERY, la mixture protéiforme mais incroyablement puissante de DARIUS et le stoner-crust mirifique de nos gagnants de ce soir, WARDHILL.
Bon, j’annonce les gagnant depuis le bar, en me servant une petite bière. Je suis pathétiquement ivre. J’ai l’habitude. On dit merci, comme d’hab, à tous, et au revoir. Et on rentre. Et voilà, la sélection est bouclée, prochain rendez-vous HARD, le 20 mai au Bikini Test.













Les KOOBIACS (oui, oui, comme dans Parker Lewis ne perd jamais ! ça nous rajeunis pas, mais qu’est-ce que ça fait du bien !) ont la lourde tâche d’ouvrir cette première soirée des tremplins Rock. Bon, j’vais pas y aller par 4 chemins, c’est mon coup de cœur de la soirée. Attitude désinvolte, juste ce qu’il faut de nonchalance pour donner l’impression d’être complètement relaxe, autant de tubes que de titres, de la personnalité, un guitariste sosie de Gainsbourg et un son nickel. Quoi le style ? Mais que veux-tu que je te dise mon ami, du rock, du vrai. Du rock référencé (j’y ai entendu les Beach Boys, les Beatles, les Stones, les Who, bref, des racines solides), tubesque (comme je l’ai dit, chacun de leurs titres va s’inscrire droit direct au fond du cervelet, une gageure), dansant (on sent un vieux parfum des Queens of the stone age, groovy en diable), solide (impressionnante section rythmique) bref, du putain de rock n’roll. J’aime autant vous dire que si tous les groupes qui vont, dans un futur très proche, participer aux tremplins du Rockaltitude sont de ce niveau, ça risque d’être très chaud, très très chaud.